Réhabiliter une aération naturelle collective en extraction mécanique par logement

Le parc concerné : entrées d'air et sorties naturelles

Dans une grande partie du collectif ancien, la ventilation repose sur des entrées d'air en menuiserie ou en mur, des sorties naturelles en cuisine et salle d'eau, et un débouché libre en toiture, par souche individuelle ou commune. Ce schéma fonctionne mal : le tirage naturel dépend du vent et de l'écart de température entre l'intérieur et l'extérieur. Il est nul l'été quand l'écart thermique s'annule, et excessif l'hiver dans les logements dont les menuiseries ont été changées. La première étape de réhabilitation est presque toujours la même : conserver ou remplacer les entrées d'air, et installer une extraction mécanique par logement dans le conduit de dégagement existant.

Le principe de l'extraction individuelle sur conduit collectif

Chaque logement reçoit son extracteur — box individuel ou dispositif d'extraction individuelle — raccordé au conduit vertical du dégagement par un raccord équipé d'un anti-retour. Chaque pièce humide reçoit une bouche d'extraction raccordée en partie haute du logement. Trois conditions déterminent la réussite du montage.

  • Un anti-retour efficace. Sans clapet étanche, l'air du conduit — porteur des odeurs de cuisine du voisinage — redescend dans le logement dès l'arrêt de l'appareil. La vérification se fait caisson à l'arrêt : une flamme placée en bouche ne doit être attirée ni repoussée.
  • Un conduit collectif compatible. La section du dégagement doit rester suffisante pour le cumul des rejets de tous les étages. Un conduit partiellement obstrué par des gainages anciens ou des effondrements de maçonnerie doit être tubé ou restauré avant d'y raccord des extracteurs.
  • Un couronnement de toiture adapté. Chaque dispositif ajouté augmente le débit transitant par la souche. Un débouché dimensionné pour la seule aération naturelle peut se retrouver saturé : le couronnement et sa protection contre le vent se vérifient en même temps.

Le point souvent oublié : les entrées d'air

Installer l'extraction mécanique sans traiter les entrées d'air revient à créer une mise en dépression qui s'équilibre par les fentes de menuiserie plutôt que par les autoreglables, avec les nuisances acoustiques et thermiques qui en découlent. Le contrôle porte sur la section libre des entrées des pièces principales, le dépoussiérage des registres et le remplacement des pièces à débit constant devenues obsolètes. Le budget entrées d'air est du même ordre que celui de l'extraction : l'ignorer est la première cause d'insatisfaction après travaux.

Ce que cette réhabilitation ne résout pas

Le simple flux collectif extrait l'air vicié mais ne traite pas l'air neuf : ni filtration, ni récupération de chaleur. Pour les logements dont les entrées d'air donnent sur une rue bruyante ou chargée en polluants, un dispositif individuel filtrant, voire un double flux individuel en traversée de façade, peut être préférable — sous réserve d'une autorisation de l'assemblée de copropriété pour chaque traversée. Dans tous les cas, le relevé de débits en bouches pièce par pièce à l'issue des travaux reste la seule preuve de réussite, à archiver avec les fiches techniques des matériels posés.