Le symptôme qui ne trompe pas
Un caisson qui fonctionne des heures, puis se tait brutalement, puis repart tout seul après un temps de refroidissement, ne subit pas une coupure de courant. Ce comportement est la signature d'une protection thermique intégrée au moteur : thermistance noyée dans les enroulements ou coupe-circuit à bilame, qui ouvre le circuit quand la température du bobinage franchit un seuil — classiquement entre 110 et 140 °C selon les constructeurs — et le referme une fois la température retombée. L'installation n'est pas morte : elle est en surchauffe, et elle vous le dit.
On le rencontre surtout en juillet-août, sur les caissons installés en combles non ventilés, et sur les moteurs asynchrones à condensateur aged de dix ans ou plus. Le premier réflexe doit être de mesurer, pas de remplacer.
Diagnostic en quatre mesures, dans l'ordre
- température ambiante au droit du caisson. En combles non ventilés l'après-midi, 50 à 65 °C au plafond sont courants. Un moteur annoncé pour un fonctionnement jusqu'à 40 ou 50 °C d'ambiance est alors hors domaine : la panne n'est pas le moteur, c'est l'implantation.
- état des enroulements et de la carcasse. Un feutrage de poussière sur le bobinage agit comme une couverture isolante : le moteur ne dissipe plus. Un dépoussiérage à l'aspirateur, brosse souple, jamais à l'air comprimé qui plaque la poussière au fond des enroulements, fait souvent disparaître les coupures à lui seul.
- rotation à la main, moteur froid et hors tension. L'arbre doit tourner souple et s'arrêter sans point dur. Un grippage, un jeu axial ou un bruit de grattement reporté : les roulements sont en fin de vie, le moteur tire au-dessus de son courant nominal et la protection intervient par surcharge mécanique.
- courant absorbé pince d'ampèremètre sur le départ, comparé à la plaque signalétique. Un dépassement de 15 à 20 % confirme une surcharge interne ou mécanique.
Les causes d'ambiance, les moins chères à traiter
- caisson posé sous la toiture, au droit d'une pente exposée sud, sans écran ni dégagement : on déplace ou on protège par un écran réfléchissant ;
- grille d'amenée d'air du moteur aspirant l'air le plus chaud du volume, en sous-face de toiture : on amène l'air par une gaine depuis une zone plus fraîche ;
- combles devenus un volume « calfeutré » après une isolation insufflée : la ventilation naturelle du volume a disparu, la température de pointe a monté de 10 à 15 K ;
- regard de visite ou trappe condamnée, qui empêche le renouvellement d'air autour du moteur.
Réparer ou remplacer
Un moteur à roulements fermés se remplace bloc sur la plupart des caissons : le coût du moteur nu plus la main d'œuvre dépasse souvent celui d'un caisson complet à moteur électronique, qui consomme deux à cinq fois moins et accepte mieux les températures hautes. On remplace sans discussion si les roulements sont morts, si le bobinage a une odeur de vernis brûlé, ou si la thermistance est ouverte — dans ce dernier cas, le pontage est à proscrire : il supprime la seule protection qui empêche le moteur d'aller jusqu'au feu.
À retenir : coupure et redémarrage après refroidissement égale surchauffe. On mesure la température du local et l'état des enroulements avant de prononcer la mort du moteur.


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