Le radon est un gaz radioactif naturel qui remonte du sol et s'accumule dans les pièces basses des maisons. Les zones où sa concentration de fond est élevée sont cartographiées par l'Autorité de sûreté nucléaire et concernent surtout les massifs granitiques et volcaniques, une partie du Massif central, des Vosges, du Limousin, de la Bretagne ou des Pyrénées. Le traitement le plus efficace dans une maison existante n'est pas un appareil spécifique : c'est souvent une VMC simple flux dédiée qui met le vide sanitaire en dépression. Ce dossier explique comment dimensionner et régler cette extraction.
Pourquoi la dépression sous plancher marche
Le radon entre par les cheminements naturels du sol : fissures de dalle, passages de fourreaux, tour de plinthe, trémies. Si l'air sous la dalle est à la même pression que la maison, le gaz suit les courants d'air vers l'intérieur. En créant quelques pascals de dépression sous le plancher, on inverse le gradient : l'air du local traverse la dalle vers le vide sanitaire, au lieu de l'inverse, et le radon est capté avant d'entrer. C'est le principe du sous-slab depressurization validé par l'expérience des traitements de vide sanitaire.
Le matériel : un extracteur en ligne et un réseau dédié
- Un point de captation percé dans la dalle ou dans une trémie existante, muni d'un manchon étanche : c'est la pièce maîtresse, elle doit être accessible pour mesure.
- Un extracteur en ligne de gaine, de type ventilateur inline, capable de tenir son débit contre la perte de charge d'un réseau court mais étanche.
- Une gaine rigide ou semi-rigide de 125 ou 160 mm, menée jusqu'à une sortie murale en partie basse de la façade opposée aux ouvertures, avec un clapet anti-retour au refoulement.
- Un réglage de débit, ne serait-ce qu'un transformateur à prises : l'objectif n'est pas le débit maximal, c'est la dépression.
Régler, et surtout mesurer
Le critère de réussite n'est pas au tableau électrique mais dans l'air : on mesure la concentration en becquerels par mètre cube, avec des dosimètres passifs posés trois mois au niveau des pièces de vie du sous-sol, avant et après travaux. En pratique on vise une dépression de l'ordre de 5 à 10 pascals mesurée entre le vide sanitaire et le séjour, suffisante pour inverser le gradient sans aspirer l'air du sol par tous les joints possibles et imaginaires. Un manomètre différentiel bon marché suffit pour la mesure ; les dosimètres restent l'unique preuve de l'efficacité sur le radon lui-même.
Les limites et le voisinage avec la VMC de la maison
Une extraction sous-plancher qui tourne en permanence ajoute une dépression sur tout le volume : si la VMC du logement extrait par ailleurs plusieurs dizaines de mètres cubes par heure, les deux dispositifs se cumulent et peuvent perturber le tirage d'un appareil de combustion ou l'amenée d'air d'un poele. On coordonne les deux : la VMC de la maison doit avoir ses entrées d'air réglées, et l'extracteur sous-plancher doit rester réglable et accessible pour être stoppé en cas de doute sur un appareil à flamme. Enfin, l'extraction sous-plancher ne remplace pas la base : calfeutrer les pénétrations de dalle visibles et condamner les trémies inutiles reste plus rentable que de pomper pour compenser une dalle ouverte.


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