Un chantier de plaques de plâtre, de reprises d'enduit ou de ponçage laisse dans l'air une poussière fine et collante qui ne se comporte pas comme la poussière ordinaire. Le plâtre broyé est léger, il reste en suspension longtemps, et il est hygroscopique : il absorbe l'humidité, puis il agglomère. Une VMC qui tourne pendant le chantier aspire cette poussière en continu et la dépose exactement là où elle fait le plus de dégats : sur l'échangeur d'une double flux et sur les capteurs des bouches hygroréglables. La remise en état après chantier est une opération identifiée, avec un ordre de grandeur de temps, et un point de non-retour.
Pendant le chantier : ce qu'il faut vraiment faire
- Coupé l'alimentation du caisson et posé une étiquette sur le disjoncteur. Une ventilation qui tourne pendant les travaux de ponçage fait exactement l'inverse de ce qu'elle doit faire : elle répartit la poussière dans tous les locaux desservis.
- Provisoirement calfeutré les bouches d'extraction avec un adhésif de chantier, pour que la poussière n'entre pas dans le réseau par des gaines ouvertes.
- Si le chantier a lieu en hiver et que la VMC ne peut pas rester arrêtée plus de quelques heures, basculé sur une circulation manuelle par fenêtres et repris l'arrêt par séquences, par pièce.
Les symptômes qui signalent un réseau encrassé par le plâtre
Le premier signe est acoustique : le débit baisse et le bruit monte, parce que la roue du ventilateur s'est alourdie de dépots irréguliers et que le filtre est colmaté. Puis vient l'odeur : un filtre de soufflage saturé de plâtre humide devient une source d'odeur de renfermé, pas un filtre. Sur une double flux, on ouvre la trappe et on regarde l'échangeur : le plâtre y forme une croûte blanche entre les ailettes, souvent plus épaisse côté air extrait. Enfin, sur une installation hygroréglable, des bouches qui ne réagissent plus : le capteur est un petit élément fragile, et une poussière de gypse l'a isolé du mouvement de l'air ambiant.
La remise en état, dans le bon ordre
On travaille toujours de l'air propre vers l'air pollué, et du filtre vers le moteur. 1) On remplace systématiquement les filtres, sans essayer de les dépoussiérer : le plâtre pris dans une fibre EPM se remplace, il ne se nettoie pas. 2) On nettoie l'échangeur à sec ou à l'aspirateur brosse souple, sans jet d'eau sous pression qui plierait les ailettes, et on laisse sécher à fond avant de refermer. 3) On dépoussière la roue du ventilateur et on contrôle le jeu des rotors : un rotor encrassé n'est pas forcement mort, mais un rotor rééquilibré au remplacement est un signe de dépôt lourd. 4) On démonte les bouches des pièces humides et on nettoie à sec les volets et les capteurs, sans solvant. 5) On releve les débits pièce par pièce avant de refermer les plafonds, parce que le chantier a pu déplacer les réglages de crans.
Le point de non-retour
Il existe : si l'échangeur est colmaté au point de voir le givre se former en pleine journée, si la roue du ventilateur vibre après nettoyage, ou si les capteurs des bouches ne réagissent plus au test de buée, la remise en état n'est pas rentable. Le remplacement du caisson avec conservation du réseau coute alors moins cher que trois interventions de nettoyage qui ne rendront pas le débit d'origine. C'est la raison pour laquelle une journée de chantier bien protégée coute infiniment moins qu'un caisson de dix ans remplacé à trois mois de la livraison.


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